Message du Secrétaire général des Nations Unies à l’occasion de la Journée Internationale de la Santé Mentale

Dakar – La santé passe nécessairement par la santé mentale. Les troubles mentaux contribuent considérablement aux maladies et aux décès prématurés et représentent 13 % des causes de morbidité dans le monde. Le ralentissement économique mondial – et les mesures d’austérité qui y sont liées – ne font qu’augmenter les risques de mauvaise santé mentale à travers le monde.

Pauvreté, chômage, conflits et guerres ont tous des répercussions sur la santé mentale. Qui plus est, le caractère chronique et handicapant des troubles mentaux impose souvent aux individus et aux ménages un fardeau financier qui les précarise. Les personnes souffrant de ces troubles – ainsi que leur famille – sont en plus victimes de stigmatisation et de discrimination et sont traités injustement, ce qui les prive de leurs droits civils et politiques et entrave leur capacité de participer à la vie publique de la société à laquelle ils appartiennent.

Les ressources, tant humaines que financières, que les gouvernements et la société civile consacrent à la santé mentale sont généralement insuffisantes. Des données récentes de l’Organisation mondiale de la Santé montrent clairement que la part des budgets de santé qui est consacrée à la santé mentale est trop faible. La plupart des pays à revenu faible ou moyen lui consacrent moins de 2 % de leurs dépenses, et nombreux sont les pays qui comptent moins d’un spécialiste de la santé mentale pour 1 million d’habitants.

La Journée mondiale de la santé mentale est placée, cette année, sous le thème « Investir dans la santé mentale ». Nous ne saurions espérer voir s’améliorer les statistiques mondiales de la santé mentale si nous ne contribuons pas davantage, par des moyens financiers et autres, à la promotion de la santé mentale et à la fourniture des services voulus à ceux qui en ont besoin. Les décès, les handicaps et la détresse imputables aux troubles mentaux doivent trouver la place qui leur revient dans les programmes de santé des gouvernements.

Les maladies mentales peuvent être traitées avec efficacité. Nous avons les connaissances voulues. Il existe des mesures de prévention et de prophylaxie qui sont réalistes, abordables et économiques et qui sont appliquées, par exemple, dans le cadre du Programme d’action de l’OMS intitulé « Combler les lacunes en santé mentale ». Toutefois, si nous voulons passer résolument des constatations aux actes, il nous faut des dirigeants forts, des partenariats renforcés et nous devons y consacrer de nouvelles ressources. Engageons-nous aujourd’hui à investir dans la santé mentale; nous en serons gagnants!

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